Septembre.

Herbes sèches,
Floraisons noires,
Branches dénudées,
Fleurs sans fruits…
La vigne blanche laisse ses filles échevelées envahir murs et clôtures comme des folles sans entraves. Les écharpes transparentes des brumes de la rivière s’enroulent et montent au ciel où se déploient les roses de l’aube.
Les feuilles encore vertes attendent le vent de novembre qui viendra les décrocher une à une pour les emporter dans d’invisibles bras plein d’eau et de frimas.
Les étourneaux se donnent rendez-vous dans le ciel pur et nu du soir, et se pressent par petits groupes pour rejoindre le murmure éphémère de leur communion mystérieuse. Leur nuage en pointillé se noue et se dénoue au gré de secrètes inspirations, mais qui décide du chemin ?
Tout va vers une fin jusqu’aux prochaines éclosions. L’été s’endort sereinement, emmitouflé des vapeurs douillettes de l’automne qui arrive sans bruit.
L’été a répandu sa joie sans fin pendant les jours splendides et saupoudré de vie chaque coin d’herbe, chaque couple frémissant, chaque emmêlement vivant, chaque graine ténue. Il a tenu dans sa main de lumière toute chose qui voulait naître. Puis il a refermé ses doigts flamboyants, et laissé place aux doigts mouillés de septembre qui retient dans sa paume les futures germinations. L’automne cache tout ce qui va renaître dans un fouillis de feuilles mortes.

Premier jour de l’automne.

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