Toujours Charlie…

Nous avons repris nos balades au 14, comme nous appelons cet endroit.

Tous les soirs, le cœur me serre et je repense à ce moment et à mon Charlie et sa démarche pleine de vie et de joie, le petit pas dansant et chaloupé qui était le sien depuis son incident neurologique.

C’est vraiment difficile de parcourir de nouveau, sans lui, tous les chemins d’un quotidien qui a duré plus de 10 ans. De ne pas avoir sa truffe au vent dans mon rétro, ses petits gémissements quand j’oubliais d’ouvrir la fenêtre, son impatience à sortir de la voiture pour se précipiter vers une touffe de chiendent qu’il mâchouillait avec application. Il adorait aller se promener dans la campagne, et aussi déambuler en voiture, comme ça, à l’aventure, le nez et les oreilles au vent.

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Qu’est-ce qu’un artiste ?

L’Art et la création sont des activités intimes. Même montrer son travail n’est pas le but ultime de l’Art. C’est une habitude récente. Nos ancêtres peignaient dans des grottes inaccessibles… Dans le passé, lorsque les œuvres d’Art étaient diffusées, peinture, sculpture, musique, architecture, c’était pour l’édification des croyants, ou pour la monstration et démonstration du pouvoir et de la fortune des puissants.

Pour les praticiens de l’art, quelque soit la discipline, il y a deux attitudes, pour deux buts précis : vivre dans la transcendance, ou être admiré de ses semblables. Ceux habités par le « skopos » (le but), ceux animés par le « telos » (l’accomplissement). L’IA, par exemple, ne sert qu’aux premiers. Seul le but leur importe, et le regard des autres sur leur soi-disant production.

Ceux animés par le « telos » sont tout entiers dans le chemin, dans le faire, dans l’effort de l’accomplissement. Dans chaque instant qui les mène au moment où ils poseront leur crayon, leur plume, leur ciseau, fermeront leur carnet, estimant l’œuvre achevée et ne méritant plus autant d’intérêt.
Il n’y a pas d’art sans effort. Ni la musique, ni la danse, ni la peinture, ni la sculpture, ni l’architecture, ni le théâtre ne se font sans de multiples tentatives, des essais sans fin, sans lutte contre la matière récalcitrante, sans une énergie constamment déployée.

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Beauté du minuscule

Il y a foule de moineaux au bar à graines de la terrasse…
De temps à autres, une timide mésange vole à leur barbe un petit grain de millet et s’enfuit. Bientôt la colombe qui les observe du haut de l’antenne les délogera pour picorer sa part.
Le matin, je les vois perchés sur les cheminées et les toits des alentours. Ils attendent leur pitance en piaillant, on dirait qu’ils réclament leur dû.
Ils se réunissent en bavardant dans leur langue d’oiseaux, se regardent du coin de l’œil, se secouent et ébouriffent leurs plumes minuscules qu’ils rangent prestement pour reprendre leur jolie forme dodue.
Ils s’enfuient à bonne distance dès que j’entre avec ma poignée de graines, m’observant l’air de rien de leur œil noir, la tête mobile.
Ils fouillent sans soin dans les graines, faisant voler les plus légères, car ces messieurs-dames ont leur graines favorites. Dès qu’ils saisissent une belle graine de tournesol bien grasse, ils volent et se posent plus loin, heureux de leur trouvaille. Ils se chamaillent à grand bruit pour un butin de rien, picotent en sautillant les graines tombées à terre, recrachent avec dédain les coques et les graines qui leur déplaisent, mouchetant la terrasse de débris, puis, une fois éparpillée la pile de graines que j’ai posée sur la rambarde, ils s’envolent tous ensemble dans un froissement de soie, s’interpellant en cris aigus, joyeux et libres.

Photo de Harry Tucker

Vivre sans mon chien…

Voilà 10 jours que mon Charlie chéri est parti.
Son ombre est partout.
Je vis des moments douloureux que je ne peux partager avec personne.
Ceux à qui je pourrais m’en ouvrir sont, eux aussi, plongés dans le chagrin et l’absence et ils me demandent avec délicatesse d’éviter de leur en parler, de prononcer son nom, de partager des photos, et je les comprends.
On se soigne comme on peut d’une perte si cruelle.

Mon esprit confus est tiraillé entre deux attitudes qui, toutes deux, me font mal.
Quand je ferme les yeux, je le vois.
Quand je les ouvre, je le cherche.
Il est ma première pensée le matin, et la dernière quand je m’endors.
Je ne sais si je dois dissiper son souvenir quand il m’assaille, ou au contraire, l’inviter dans mon âme et dans mon cœur, quitte à souffrir.

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Charlie


Tout est dur dans la mort d’un chien qui nous a aimé d’un amour sans compromis, sans calcul, gratuit. Un amour divin, en quelque sorte. On est sans cesse invité à minimiser cette perte pourtant immense, parce que perdre son chien serait moins grave que perdre un proche. Pourtant, l’amour des chiens, leur attachement, leur dignité dans leur affection, leur besoin de nous regarder et de nous comprendre, avec leur regard innocent et sans aucun préjugé, je l’ai rarement connu dans une autre espèce, pour ne pas dire jamais.

Mercredi 15 juillet, à 11h30, mon chien, mon Charlie s’est éteint comme une bougie fatiguée et tremblante. Je l’ai embrassé avec tout l’amour que j’avais pour lui et que je voulais qu’il emmène avec lui là où allait son âme pure et candide. J’ai pris son corps lourd dans mes mains pour le poser délicatement dans la couverture préparée pour lui. Un coucouche-panier beige à pois, usé par les lavages répétés. Puis il est parti pour toujours avec la véto.

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Aujourd’hui, on lave gratis…

Je m’interroge grandement sur le glissement progressif vers la droite extrême, bien que la population et les élites en connaissent les dangers, et la dernière guerre n’est pas si loin qu’on en ignore la menace et les périls.

POURQUOI ?

Pourquoi les gens deviennent-ils de plus en plus racistes, violents, repliés sur eux-mêmes ?

Parce que non, ça n’a pas toujours été comme ça. La parole de l’impensable s’est libérée…

La seule réponse que je trouve est que les populations subissent ce qu’il est commun d’appeler « un lavage de cerveau ». Un lavage à 90° quotidien…

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Meli-Melo Movie


SPOILER ALERT. Cet article dévoile des péripéties et des éléments du drama Melo Movie.
Si vous n’aimez pas qu’on déflore votre futur visionnage, ne lisez pas cet article !
SPOILER ALERT 2. J’ai pas trop aimé… Si ça vous agace, ne lisez pas non plus !


Je viens de finir de regarder « Comme Un Film » sur Netflix. Melo Movie, de son nom en anglais.
Comme d’habitude, j’en attendais beaucoup, et comme souvent ces derniers temps, mon espoir a été déçu.
Cette histoire d’une simplicité déconcertante est délayée jusqu’au jus de vaisselle pour tenir les 10 épisodes prévus. Comme un des personnages est critique de cinéma à la dent dure, il ne m’en voudra pas de suivre son exemple.
Le contexte, pour commencer. Il s’agit de parler de cinéma, et de cinéma, on ne parle pas du tout. L’essentiel des dissertations intérieures aussi  longues et poussives que plates que banales, portent pour l’essentiel sur les relations romantiques, les souvenirs, l’affection de papa-maman.
Les seuls questionnements qui ont un sens sont les réflexions d’un jeune frère qui se demande qui était son hyung, son grand frère, à la mort de celui-ci.
Du cinéma, on ne parle pas. Ni comme cinéphile ni comme technicien. Lee Na-eun, la scénariste, aurait pu utiliser son scénario comme canevas pour évoquer, épisode par épisode, soit un film du patrimoine mondial, soit un aspect technique de la fabrication d’un film : scénario, décors, costumes, tournage, réalisation.
Là, rien. Vide abyssal. Même lorsqu’on voit les personnages au travail, on nous offre soit une caricature, comme celle du réalisateur excédé, soit un vague travail sur le scénario dont on n’apprend rien. La musique originale d’un film ? Bof ! Une chansonnette… De la réalisation non plus, nous n’apprendrons rien.

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