L’Art et la création sont des activités intimes. Même montrer son travail n’est pas le but ultime de l’Art. C’est une habitude récente. Nos ancêtres peignaient dans des grottes inaccessibles… Dans le passé, lorsque les œuvres d’Art étaient diffusées, peinture, sculpture, musique, architecture, c’était pour l’édification des croyants, ou pour la monstration et démonstration du pouvoir et de la fortune des puissants.
Pour les praticiens de l’art, quelque soit la discipline, il y a deux attitudes, pour deux buts précis : vivre dans la transcendance, ou être admiré de ses semblables. Ceux habités par le « skopos » (le but), ceux animés par le « telos » (l’accomplissement). L’IA, par exemple, ne sert qu’aux premiers. Seul le but leur importe, et le regard des autres sur leur soi-disant production.
Ceux animés par le « telos » sont tout entiers dans le chemin, dans le faire, dans l’effort de l’accomplissement. Dans chaque instant qui les mène au moment où ils poseront leur crayon, leur plume, leur ciseau, fermeront leur carnet, estimant l’œuvre achevée et ne méritant plus autant d’intérêt.
Il n’y a pas d’art sans effort. Ni la musique, ni la danse, ni la peinture, ni la sculpture, ni l’architecture, ni le théâtre ne se font sans de multiples tentatives, des essais sans fin, sans lutte contre la matière récalcitrante, sans une énergie constamment déployée.






