Orage.

Il y a le silence,
Quelques gouttes,
Soudain le vent,
Et au loin le cri du ciel déchiré.

Messager de la furie,
le vent muet arrache sa voix à la terre
et au ciel.

Tire de la bonace les sanglots
et les larmes tombent et se fracassent.

Laisse passer le torrent de son haleine libre
qui enchaîne à son souffle les feuilles des arbres
et des livres.

L’orage vient
qui grandit dans un horizon électrique
et bleu.

Le vent,
plein des anges annonciateurs,
galope devant et tisse des éclairs
sur les bobines célestes de la voûte de plomb.

Babel sombre
qui monte comme un serpent de rien
dans la soie tumultueuse de l’air
fourrageant dans les chiffons du ciel
et gronde sans trouver sa route.

Soudain,
il s’écroule
et laisse fondre au sol son fardeau de pluie et de grêle.

Tout tombe
et le fléau de l’eau
et le chaos des vents
et les mugissements fracassants des tourmentes
et les griffures ultramarines qui taillent le tissu des nuages.

Leur déchirement gronde et résonne
et enfle
et s’étend
et meurt.

Puis
plus rien.

Très loin,
le cri du ciel déchiré.
le vent
Quelques gouttes
Le silence.

Argenton, 2 juillet 2013

Victor Hugo (1802-1885)

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