L’enfance file entre nos doigts, comme le sable des plages, comme l’eau salée des mers. On se retourne un jour pour regarder au loin l’enfant que nous étions s’ébattre dans les vagues.

L’enfance file entre nos doigts, comme le sable des plages, comme l’eau salée des mers. On se retourne un jour pour regarder au loin l’enfant que nous étions s’ébattre dans les vagues.

Il y a des choses qui n’ont pas de prix : le chant des oiseaux dans le silence du matin, le rire des enfants qui vient de haut et qui dégringole en cascade de notes pointues, les fleurs dans le champ, les nuages comme des vaisseaux de crème rebondis, la mer, l’odeur de la pluie d’août sur la terre sèche et celle de l’herbe coupée, les mains, le geste précis de l’artisan, les grillons dans la nuit, le bourdonnement de l’abeille, la première neige, les couleurs, un baiser, une caresse, le regard du chien, l’amour, et toutes les choses qui n’ont pas de prix…
J’entends chanter des oiseaux dans le soir qui s’installe.
Que voulez-vous… Je vis dans mon imagination.
Martin-pêcheur : l’émotion du jet bleu électrique de son vol immédiat.
Il est nécessaire d’avancer neuf, comme un livre blanc, dans la vie. Il n’y a pas de découverte sans oubli.
Lorsque je dessine et que je peins, que fais-je d’autre qu’illustrer ? Illustrer une idée, une vision, un élan intérieur, une émotion, qui sans l’aide de mes crayons et de ma plume, resteraient dans l’état invisible de leur naissance en tant qu’idée.
Car, pour moi, illustrer commence par conceptualiser, puis par montrer, pour projeter dans un espace imaginaire.
Et « imaginaire » est le maître mot. Car c’est dans l’imagination, les souvenirs, la candeur de l’enfance que je vais puiser pour créer mes illustrations, en espérant qu’elles rencontreront cet éblouissement enfantin chez mes lecteurs.
Lire la suite « Pourquoi j’illustre? »Il l’avait ramassé dans un bistrot un soir d’été.
À cette époque, il n’avait vraiment l’air de rien, tout sale, tout chiffonné… Il l’avait embarqué dans sa musette. Il avait été ému par ses yeux de topaze sombre, sa timidité, sa gaieté retenue.
Il traînait là sa carcasse, errant entre les tables, mendiant discrètement, contraint par l’exigence d’un ventre sourd, comme il se doit, aux bonnes manières. Pourtant, on remarquait chez lui un maintien d’aristocrate, la délicatesse silencieuse du long apprentissage des manières bourgeoises.
Lire la suite « Mendiant. »Je m’appelle Nuit.
Je suis ténèbres
Et je suis lumière.
Je suis tout à la fois le sommeil et l’éveil.
Je suis la veilleuse du jour prochain.
Je suis le silence, et le tumulte de néant.
Homme, tu veux montrer ta force.
Moi, ce que je veux,
C’est la chaleur de ton ventre
tendre et chaud,
La mécanique fragile de ton corps,
ta nuque courbe quand tu lis,
Ton abandon dans la nuit.