Labours.

La terre est ouverte en larges tranches grasses. Elle sèche vite pourtant, et la couleur de chocolat laisse place à de vastes étendues grises sur lesquels s’étendent, dans le jour qui finit tôt, les longues ombres des arbres. Des corbeaux arpentent les hautes mottes d’un pas docte, ainsi que des penseurs solitaires.
Derrière, le ciel est tissé de rubans oranges et de longs bandeaux de nuages mauves ourlés de lumière.

Photo : Jose-Manuel Massano. Terre brute labourée.

Les gens.

Il y a des jours où je ne les aime pas, les gens. Ils font du bruit, ils te bousculent, ils vont et viennent et passent indifférents.

Il y a des jours où je les aime, les gens…
Je vois la vie qui les anime, parce que je sais que ce ne sera pas toujours comme ça. Ils me paraissent chauds, touchants, fragiles. Ces jours-là, je ne sais pas pourquoi, le soleil éclaire leurs prunelles et en révèle la transparence et la clarté. Il pénètre plus profondément qu’à l’ordinaire.
Ces jours-là où j’aime les gens, tous les gens, je vois leurs gestes comme des envols suspendus, inachevés.

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