Le soleil écrit en carrés d’or sur les murs…
Étiquette : beauté
Chien et loup…
J’aime l’heure où le soleil se couche, l’heure confuse, l’heure des ombres chinoises…
Hier soir…
La nuit était brumeuse. La lumière des réverbères de la rue se noyait dans le brouillard. La lanterne au coin de la gare diffusait une clarté poudreuse, derrière l’arrête du mur qui la découpait avec netteté. La chouette qui habite sur la place et qui, de temps en temps, nous laisse apercevoir la beauté de ses ailes déployées dans le silence de la nuit, poussait de petits cris aigus. La journée avait été magnifique, le ciel limpide, le temps clément. En descendant la route de Gargilesse, j’avais admiré le dégradé du ciel pur qui s’assombrissait, et la dentelle des arbres nus se dessinant en ombre chinoise, puis la nuit avait fait naître ce brouillard qui enveloppait tout dans des bras de coton.
J’ai pensé à ma mort pour aucune raison particulière, sinon pour la beauté. J’ai pensé au jour où je disparaitrais de cette beauté simple. Je n’ai pas peur de mourir, mais je suis triste de penser que je ne suis que de passage, et que les nuits de brouillard me sont comptées. Je me dis que finalement, à ce moment-là, je ne serai plus spectatrice du monde. J’en ferai simplement partie. Je serai éternelle…
Pour le moment, je remplis mes poches et mes yeux d’images, de sensations et d’émotions, pour les emmener avec moi, quand je n’y serai plus.

Jardin à soi…
Il fait vraiment beau, ce matin. Le soleil éclaire mon jardin intérieur.
Automne.
Pourquoi est-ce qu’il reste toujours quelques feuilles en haut des peupliers ? L’automne n’arrive-t-il pas au bout des arbres ?

Hiver.
Quelques roses givrées tardent sur le rosier.

Ciel.
Ce matin, un ciel d’aube gelée. Une brume de givre qui blanchit l’horizon. L’herbe est saupoudré de glace. Les nuages sont ourlés de jaune pâle. Hiver.
Ciel.
Le ciel est d’or et de poudre. Il réchauffe les champs de sorbet vert. La rivière s’envole en écharpe de brume. Matin d’hiver serein.
Ciel.
C’est quand, le soleil ? On dirait que Dieu a mis une serpillière à sécher dans le ciel.
Quelques mots…
Des mots que j’aime :
chagrin, qui a des larmes quand on le dit,
misère, perçant comme un vent glacial,
baliverne, qui bondit et cabriole,
pastorale, doux comme un troupeau d’agneaux,
écoute, quand on laisse longtemps durer le son « ou »,
frisson, qui fait des vagues et donne la chair de poule,
élan, qui va vite, mais qui ralentit sur la fin,
flamme, en faisant sonner les deux « m », et en fermant la bouche pour éteindre le son,
parole, qui s’envole,
godillot, qu’on entend trainer sur la route…
Quiétude, ne pas oublier de prononcer qui-é-tude,
imbécile, en appuyant sur le bé, et en ralentissant sur le i, ça fait toujours son effet.
Patience et constance, rien que de les prononcer, on a envie d’être patient, et constant.
Écrit, j’entends le bruit de la plume qui crisse sur le papier,
souffle, et la brise est là,
patenôtre, on y entend des prières anciennes.
pluie, quand on le prononce lentement en détachant « plu » et « ie »,
glace, rien que ce mot, et il fait froid.
Ami, qui commence ouvert et sonore et finit en caresse…
Les mots sont si beaux…