Il y a tant d’aurores qui n’ont pas encore lui…
Étiquette : image
Inspiration.
Fleurs, ciel, nuages, papillons, étoiles, cosmos, océans, lune, petits gendarmes rouges et noirs, escargot solitaire sur son chemin d’argent, parfum des tilleuls le soir, chant des oiseaux, miracle des couchers du soleil dans ses voiles roses, scintillement de la rivière à midi, grues passant au dessus du pont, étourneaux en nuées changeantes dans le ciel de novembre, murmure des vagues laissant leur écume sur les galets, pieds nus des bébés, fourrure de mon chien qui dort et soupire, velours de la patte du chat, effloraison de givre sur la rose solitaire, tremblement des bouleaux, acacias en fleur sur le chemin, cacophonie de la basse-cour qui chahute, coq chantant derrière la maison, rue en pente dans la lumière éblouissante, corne de brume dans le silence de la nuit, ombre qui marche devant moi, petit train des fourmis dans le sucrier du salon, merle rieur sur le muret, œil d’animal rond, ouvert et craintif, bond de la biche sur la route, fuite du lézard, rythmes des troncs bleus, fruits rouges et violets de la haie, neige, vent, rideau de pluie claire…
Moi qui peint, qui suis-je dans cet univers de beauté.
Quelle est la beauté qui peut rivaliser avec la beauté du monde ?

Instant.
Comme un papillon, un ange s’est posé sur mon épaule…
Peindre.
À quoi sert de peindre, puisqu’on ne peut rendre la beauté du vent qui passe sur un champ de blé en herbe ?
Lumière.
Le soleil écrit en carrés d’or sur les murs…
Liberté
J’ai vu la liberté.
C’est une pie
qui vit dans l’arbre de la place
et qui jacasse,
le bec au vent.
J’ai vu la liberté.
C’est un poisson d’argent
nageant entre deux eaux
Et qui joue à caresser ses flancs
aux cheveux verts
des ondines.
Hier soir…
La nuit était brumeuse. La lumière des réverbères de la rue se noyait dans le brouillard. La lanterne au coin de la gare diffusait une clarté poudreuse, derrière l’arrête du mur qui la découpait avec netteté. La chouette qui habite sur la place et qui, de temps en temps, nous laisse apercevoir la beauté de ses ailes déployées dans le silence de la nuit, poussait de petits cris aigus. La journée avait été magnifique, le ciel limpide, le temps clément. En descendant la route de Gargilesse, j’avais admiré le dégradé du ciel pur qui s’assombrissait, et la dentelle des arbres nus se dessinant en ombre chinoise, puis la nuit avait fait naître ce brouillard qui enveloppait tout dans des bras de coton.
J’ai pensé à ma mort pour aucune raison particulière, sinon pour la beauté. J’ai pensé au jour où je disparaitrais de cette beauté simple. Je n’ai pas peur de mourir, mais je suis triste de penser que je ne suis que de passage, et que les nuits de brouillard me sont comptées. Je me dis que finalement, à ce moment-là, je ne serai plus spectatrice du monde. J’en ferai simplement partie. Je serai éternelle…
Pour le moment, je remplis mes poches et mes yeux d’images, de sensations et d’émotions, pour les emmener avec moi, quand je n’y serai plus.

Jardin à soi…
Il fait vraiment beau, ce matin. Le soleil éclaire mon jardin intérieur.
Autoportrait.
D’autres femmes vivent en moi, mais rien n’est sûr…

Quelques mots…
Des mots que j’aime :
chagrin, qui a des larmes quand on le dit,
misère, perçant comme un vent glacial,
baliverne, qui bondit et cabriole,
pastorale, doux comme un troupeau d’agneaux,
écoute, quand on laisse longtemps durer le son « ou »,
frisson, qui fait des vagues et donne la chair de poule,
élan, qui va vite, mais qui ralentit sur la fin,
flamme, en faisant sonner les deux « m », et en fermant la bouche pour éteindre le son,
parole, qui s’envole,
godillot, qu’on entend trainer sur la route…
Quiétude, ne pas oublier de prononcer qui-é-tude,
imbécile, en appuyant sur le bé, et en ralentissant sur le i, ça fait toujours son effet.
Patience et constance, rien que de les prononcer, on a envie d’être patient, et constant.
Écrit, j’entends le bruit de la plume qui crisse sur le papier,
souffle, et la brise est là,
patenôtre, on y entend des prières anciennes.
pluie, quand on le prononce lentement en détachant « plu » et « ie »,
glace, rien que ce mot, et il fait froid.
Ami, qui commence ouvert et sonore et finit en caresse…
Les mots sont si beaux…