Il fait vraiment beau, ce matin. Le soleil éclaire mon jardin intérieur.
Autoportrait.
D’autres femmes vivent en moi, mais rien n’est sûr…

Automne.
Pourquoi est-ce qu’il reste toujours quelques feuilles en haut des peupliers ? L’automne n’arrive-t-il pas au bout des arbres ?

Hiver.
Quelques roses givrées tardent sur le rosier.

Hiver.
Ce matin, c’est gris, c’est sombre, c’est glacial. Alors j’ai allumé les lampes et monté le chauffage… Je rêve à l’été.
Le temps…
Le temps est comme une goutte d’eau… Transparent, mais plein de pluie.
Ciel.
Ce matin, un ciel d’aube gelée. Une brume de givre qui blanchit l’horizon. L’herbe est saupoudré de glace. Les nuages sont ourlés de jaune pâle. Hiver.
Ciel.
Le ciel est d’or et de poudre. Il réchauffe les champs de sorbet vert. La rivière s’envole en écharpe de brume. Matin d’hiver serein.
Ciel.
C’est quand, le soleil ? On dirait que Dieu a mis une serpillière à sécher dans le ciel.
sans traits ni points
Pendant un certain temps, je me suis adonnée au plaisir de mettre sur ma planche de zinc bouts de papier, encre, matériaux plats et granuleux, ou de peindre directement sur la plaque métallique à grands coups de brosse. Puis, je mettais un papier humide sur l’ensemble, et passais le tout entre les langes et les rouleaux de la grande presse de l’atelier de gravure que je fréquentais. Comme on ne peut faire qu’un tirage, ce genre de « gravures non gravées » s’appelle « monotype« .
Je soulevais, le cœur battant, le papier où étaient imprimées mes fantaisies incontrôlées, pour en connaître le résultat hasardeux. Deux paramètres rendent ce travail impossible à contrôler totalement : la pression de la presse, l’écrasement des matériaux et de l’encre, et le fait que le tirage soit l’envers de la planche travaillée.
C’est toujours étonnant et émouvant de soulever délicatement la feuille avec la longue pince fine, et de déposer le tirage sur son lit de papier, pour le laisser sécher.
