Avant qu’il ne soit trop tard,
je voudrais encore poser ma tête sur ton ventre doux.
je voudrais appuyer mon épaule à la tienne. Je voudrais lire tes pensées dans tes yeux profonds.
Avant qu’il ne soit trop tard,
je veux encore sentir ton souffle sur ma nuque. Je veux encore ton étreinte et le chagrin de nos corps délacés. Je veux la houle et l’écume. La tempête qui m’emporte et les clapotis de nos mots tendres.
Quand nous serons séparés, où seront-ils ?
Étiquette : beauté
Automne
Les oiseaux se sont tus… L’avez-vous remarqué ? Le champ est silencieux. Les insectes ont rejoint leur terrier de hobbit pour attendre l’hiver et la neige.
Hiver.
Le soleil s’est glacé de poudre de riz vaporeuse, ce matin. Le givre blanchit la campagne.
Envol.
Les mains de cet homme sombre de peau, au visage ravagé, s’envolent devant lui comme des oiseaux palpitants. Il en écarte les ailes, les pouces tournés vers l’extérieur en un plat mouvement qui lisse l’air de leur dos brun… Puis il les laissent lentement se poser, apprivoisés.
Saison.
Ce soir, un parfum d’automne flottait… Les fumées des feux de bois domestiques remplissaient l’air humide d’âcres buées. Plus loin, enfoui dans les brumes comme dans une écharpe douillette, le clocher égrenait les heures. L’air piquait le nez, et les fenêtres étaient éclairées comme de paisibles reposoirs.
Il y a tant d’aurores qui n’ont pas encore lui…
Songe.
J’avais espéré dormir avec les fées. Elles devaient être là : j’ai rêvé que je volais…
Inspiration.
Fleurs, ciel, nuages, papillons, étoiles, cosmos, océans, lune, petits gendarmes rouges et noirs, escargot solitaire sur son chemin d’argent, parfum des tilleuls le soir, chant des oiseaux, miracle des couchers du soleil dans ses voiles roses, scintillement de la rivière à midi, grues passant au dessus du pont, étourneaux en nuées changeantes dans le ciel de novembre, murmure des vagues laissant leur écume sur les galets, pieds nus des bébés, fourrure de mon chien qui dort et soupire, velours de la patte du chat, effloraison de givre sur la rose solitaire, tremblement des bouleaux, acacias en fleur sur le chemin, cacophonie de la basse-cour qui chahute, coq chantant derrière la maison, rue en pente dans la lumière éblouissante, corne de brume dans le silence de la nuit, ombre qui marche devant moi, petit train des fourmis dans le sucrier du salon, merle rieur sur le muret, œil d’animal rond, ouvert et craintif, bond de la biche sur la route, fuite du lézard, rythmes des troncs bleus, fruits rouges et violets de la haie, neige, vent, rideau de pluie claire…
Moi qui peint, qui suis-je dans cet univers de beauté.
Quelle est la beauté qui peut rivaliser avec la beauté du monde ?

Instant.
Comme un papillon, un ange s’est posé sur mon épaule…
Peindre.
À quoi sert de peindre, puisqu’on ne peut rendre la beauté du vent qui passe sur un champ de blé en herbe ?