Obscur couloir frais, empli de la rumeur
de courses enfantines.
Celle que je fus
joue, seule, quelque part, à l’ombre d’un platane,
ou, assise sur la marche rouge.
Mon ombre sent la fraîcheur de la tommette
dans le silence poussiéreux,
La fièvre de l’après-midi,
le paisible ennui estival,
les volets mi-clos.
La tête bourdonnante, je me sens hanneton…
Pensive, un moment,
j’entends les échos de leur jeu dans la cour,
J’observe, au travers des carreaux,
leur silhouette colorées,
lumineuses,
vivantes.
et les maigres tiges des roses trémières,
frémissant dans la chaleur blanche.
Le souvenir d’avoir été plus innocente encore…
Le cortège rouge et noir des insectes.
Le mur de briques rouges.
Le bistre des ferrailles,
le toit écroulé,
promenade de chats.
Et, dans la véranda (laissé là sur la table)
le dessin régulier d’une patience.
Étiquette : été
Garrigue.
Tout était blanc à cause de la lumière.
Tout faisait mal à voir.
Je ne me souviens que de l’odeur
des pins, du thym et du romarin,
Et de trois silhouettes
Dans la poussière du chemin.
Je me souviens des roches dévorées,
des papillons ivres de soleil,
des cigales.
Nous rentrions bredouilles,
Nos filets à papillons sur l’épaule,
dans la gloire du jour finissant,
nos sandales pleine de sable.
Un instant…
La fenêtre est ouverte, les parfums entrent avec le vent léger. Un oiseau pépient. Le petit monde des insectes stridule et vrombit… Les passants passent et l’air éparpille leurs mots…
Doux matin d’été.
Persiennes.
Les volets sont entrebâillés à l’espagnolette. La lumière tamisée incite à la sieste… Douce pénombre de la maison, les jours d’été, quand maman baissait les stores.

Le champ…
De nouveau, le chant de l’été monte du champ…