Il l’avait ramassé dans un bistrot un soir d’été.
À cette époque, il n’avait vraiment l’air de rien, tout sale, tout chiffonné… Il l’avait embarqué dans sa musette. Il avait été ému par ses yeux de topaze sombre, sa timidité, sa gaieté retenue.
Il traînait là sa carcasse, errant entre les tables, mendiant discrètement, contraint par l’exigence d’un ventre sourd, comme il se doit, aux bonnes manières. Pourtant, on remarquait chez lui un maintien d’aristocrate, la délicatesse silencieuse du long apprentissage des manières bourgeoises.
Lire la suite « Mendiant. »
