Samedi matin. Des balayures de la terrasse, un insecte de métal vert qui s’enfuit en courant.
Étiquette : nature
Mais où va l’oiseau pressé qui passe au-dessus de la maison ?
Eau douce.
L’eau qui coule dans ma bouche,
C’est l’eau verte des jardins.
Abreuvée de palpitations infinies,
La vie ruisselle.
L’eau verte des jardins, c’est la mare
immobile, peinte de gouache mate, brouillée un instant
Par le saut de la grenouille.
Son passage laisse voir une eau noire.
Une eau profonde comme un œil
que la paupière de l’eau
recouvre.
Ploc.
L’eau de la mare cache sa nature de ténèbres sous sa peau verte.
Les insectes de l’eau y marchent à l’envers,
de leur long pas d’araignée.
Quelles sont les bêtes sombres, les limaces sanglantes,
Les poissons enchevêtrés de mousse de ses fonds mystérieux ?
Ils écartent les végétations ternes pour regarder le ciel,
Dévoilant en silence la nuit des eaux dormantes.
L’eau verte des jardins reposent dans des pots.
Laissés là par la main négligente du jardinier, ils ont recueilli
l’eau des pluies de novembre
et se sont laissés briser par le gel de l’hiver.
L’eau verte des jardins,
C’est le ruisseau qui file des quenouilles de soie
Chahutant comme un enfant léger sur les pierres glissantes.
Les ruissellements arborescents dans le sable
forment des lacs où nait un monde minuscule.
Garrigue.
Tout était blanc à cause de la lumière.
Tout faisait mal à voir.
Je ne me souviens que de l’odeur
des pins, du thym et du romarin,
Et de trois silhouettes
Dans la poussière du chemin.
Je me souviens des roches dévorées,
des papillons ivres de soleil,
des cigales.
Nous rentrions bredouilles,
Nos filets à papillons sur l’épaule,
dans la gloire du jour finissant,
nos sandales pleine de sable.
Le chant du champ.
Difficile de décrire la beauté du champ…
Dans la quiétude du soir, l’orchestre des insectes jouait à l’unisson une même note sur le violon de leurs pattes, mais, du terre-plein voisin venaient les sons désaccordés de quelques dissidents qui jouaient à contre-temps…

Il pleut.
Les larmes du ciel sur les vitres du salon…
Automne
Les oiseaux se sont tus… L’avez-vous remarqué ? Le champ est silencieux. Les insectes ont rejoint leur terrier de hobbit pour attendre l’hiver et la neige.
Hiver.
Le soleil s’est glacé de poudre de riz vaporeuse, ce matin. Le givre blanchit la campagne.
Il y a tant d’aurores qui n’ont pas encore lui…
Chien et loup…
J’aime l’heure où le soleil se couche, l’heure confuse, l’heure des ombres chinoises…