Ma beauté.

Je suis une femme qui n’aime pas les bijoux, ni le luxe. Qui peut porter les mêmes vêtements pendant des années, se trouve à l’aise dans ses vieilles godasses, qui n’a guère d’intérêt pour la mode…
Alors, parfois, je dois faire des concessions au monde tellement futile dans lequel je vis. Je me maquille, j’achète des chaussures que je porterai trois fois, j’essaie d’avoir du style, mais sans y croire vraiment.
Pour moi, la beauté, je ne peux ni l’acheter, ni m’en parer. La beauté, c’est le monde, c’est la vie, c’est la talent, l’innocence, la grâce d’un moment, l’œuvre d’un artiste qui donne à voir, un trait, un beau trait impératif sur du papier blanc.

On peut pas être heureux tout le temps.

Les matins où le cœur grince.
On ne peut pas être heureux.

Je suis de celles qui sourient. Qui se lèvent de bonne humeur et trouvent plaisir au jour qui vient. Même si parfois, le ciel du dehors fait grise mine, mon ciel intérieur est souvent ensoleillé.

Lire la suite « On peut pas être heureux tout le temps. »

Les habits du dimanche.

Je me souviens des petites robes de velours noir ornées de col de dentelle blanche, de nos gilets bleu ciel tricotés à la main, de nos collants de dentelle laissés sous le sapin à Noël, de nos souliers vernis.
Je me souviens des habits du dimanche, des habits propres, neufs et inhabituels, qui nous engonçaient, et nous intimidaient, ma sœur et moi, mais où nous nous trouvions belles et spéciales, et qui provoquaient de petits gestes précieux et étudiés des mains et des pieds.
Dans notre enfance, ma mère avait pris l’habitude de nous habiller de façon identique, ma sœur et moi, comme ça se faisait dans ces années-là. Mêmes robes, mêmes petites chaussures vernies, mêmes manteaux de laine à col de velours, mêmes maillots de corps « Petit bateau » blancs et immaculés, même petits tricots de jersey, même tout.

Lire la suite « Les habits du dimanche. »

Mot à mot…

Passion entremêlée d’azur !
Passion des mots qui cherchent la sortie.
Ils veulent dire quelque chose, mais quoi ?
Ils ne le savent pas encore quand ils posent leur valise au bord de ma pensée. Il me faut encore les assembler, les coudre les uns aux autres. Les peindre, aussi… leur donner mes couleurs, et les formes que j’imagine pour eux.
Je les choisis pour leur beauté, et leur musique. Je choisis les mots pour leur son, plus que pour leur sens. Je les collectionne pour les fenêtres qu’ils ouvrent, et non pour les portes qu’ils ferment.
J’écris ce que je peux, avec les mots qui chantent en moi, et me ravissent.
Ils s’imposent, en solitaire ou en meute, et cognent au portail de mon esprit. Je ne sais pas pourquoi.
Ils ne me disent pas ce que je dois dire. Ils me disent : viens…
Ils m’emportent.
Et je roule des phrases faites de mots disparates. Je les jette en l’air et ils retombent en phrases poétiques, mariés par hasard.

Lire la suite « Mot à mot… »

Vagabonder.

Il est temps de revenir en moi. De parcourir les territoires immenses et libres de la création, qui s’affranchissent de tout dogme, et de tout préjugé, libre de toute habitude. Qui refuse de se conformer, de s’adapter, de se soumettre à une autre logique que la sienne, qui ne sait prétendre et qui ne peut feindre.
Des territoires inexplorés, uniques parce que ce sont les miens, et que je dois découvrir seule, sans empressement, avec lenteur et gravité. L’inconnue qui est en moi, qui est si vaste, si mystérieuse. Des territoires construits de bric et de broc, avec mes souvenirs, mes blessures, les images aperçues, les parfums de l’enfance, les larmes et la joie.
Qu’est-ce que mon âme a construit avec tout ce fouillis de choses disparates ?
Ce paysage intime bâti au fil du temps dans le secret de mon cœur ébloui, à quoi ressemble-t-il ?

Lire la suite « Vagabonder. »