Attention ! Ce texte contient des spoilers.
Cela fait déjà un moment que j’ai regardé ce drama. Je me suis juste laissée le temps d’avoir quelque chose à en dire de plus structuré, de plus intéressant qu’une réaction à chaud. Je l’ai vu deux fois. La première, en anglais, pour voir à l’écran Lee Min-ki, un acteur que j’aime particulièrement et dont j’apprécie les choix de carrière… Et aussi pour suivre le travail de Seon Suk-ku que j’avais brièvement aperçu dans « Mother », dans « Jirisan » et dans « Be Melodramatic » , et que j’avais bien aimé dans « Sense8 », des Wachowski, en flic tenace et amoureux de Bae Doona. Un acteur qui, apparemment, se glisse avec bonheur dans des personnages très différents les uns des autres. J’avais aussi remarqué que c’était l’œuvre de Park Hae-young, l’autrice du merveilleux et émouvant « My Mister » et qu’il était réalisé par Kim Seok-yun, le réalisateur de « The Light In Your Eyes », un beau drama assez dur. Tout se trouvait donc réuni pour que je craque et regarde les épisodes au même rythme que les Coréens, semaine après semaine, au lieu d’attendre la diffusion plus tardive sur Netflix.
Le champ.
La nuit a éteint la lumière et le champ s’est tu un moment, puis les harpes de vent des grillons ont commencé à chanter. Les vers luisants s’éveillent, petits réverbères d’un monde minuscule.
Été.
Cliché…
Il n’y a pas de nouveau monde… Tous les continents sont vieux.
Été.
Fouillis de champ. Le ciel a laissé des chiffons bleus dans la chicorée sauvage…
La rivière.
Pourquoi le reflet des arbres n’est-il pas entraîné par le mouvement de l’eau ?
Les saisons.
Marcher pieds nus dans la nuit sur le carrelage froid, ouvrir le réfrigérateur pour boire de l’eau glacée, écouter les pales du ventilateur couper l’air en frais petits quartiers, entendre les bruits de la nuit se faufiler entre les persiennes.
C’est l’été.
Les saisons.
Les moutons des nuages moutonnent en troupeaux sages vers l’horizon.
Un train passe au loin.
La rivière coule en un bruit de frisson.
Été.
La vie des plantes…
La fougère qui vit chez nous a très mauvais caractère. Solitaire et irascible, elle ne supporte pas la présence de ses congénères… Le lierre de la cuisine est en revanche joyeux et amical. Il s’épanouit sans complexe et va finir par entourer le basilic de ses bras verts…
Le corps indésirable. (suite).
Nora lui caresse le front, et glisse ses doigts dans les boucles soyeuses du jeune homme. Elle le regarde toujours comme si elle avait trouvé un merveilleux bijou… Mais Sami sait bien, lui, qui a trouvé un trésor. Ce jour-là, le jour du baiser sur la main et des larmes, c’est le jour où il est arrivé sur terre. Jusque là, il avait plus ou moins vécu en enfer. Quand Nora l’a trouvé, quand elle l’a déterré, et amené au jour, son cœur s’est ouvert comme une noix et a laissé entrer la lumière. Il était toujours gros, c’était toujours la galère, mais la main de Nora dans la sienne le rendait léger comme un ballon de baudruche.
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Les pales du ventilateur hachent l’air déjà étouffant de cette aube caniculaire. Il fait chaud tous les jours, ici. Tchac, tchac, tchac… Le ventilateur envoie un peu d’air frais vers le lit où dorment encore Sami et son amoureuse. La brise emporte et fait danser les voilages des fenêtres ouvertes. Vers le dedans, ils flottent comme des fantômes saccadés, agités de soubresauts, puis, avalés par les deux fenêtres, ils s’en vont flâner dehors, à peine retenus par les circonvolutions de fer forgé de la balustrade qui ferme les balcons. Dehors, au-delà, la ville déroule ses rues poussiéreuses, ses façades blanches, les fenêtres qui ressemblent à des regards noirs et vides. Au loin, dans l’air vibrant, le pont, le port, et les appels langoureux des cornes des bateaux qui le quittent, menés par le bout du nez par de minuscules bateaux-pilotes. Le brouhaha de la ville, étouffé par la distance, est un bourdonnement familier. On entend les cliquetis des boutiques au rez-de-chaussée qui ouvrent leurs rideaux de fer, et le chant des oiseaux perchés dans le néflier rebelle qui a poussé sans autorisation entre les pavés de la rue.
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